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43 (1)Un jeudi soir de novembre 1976, M. Paul Michel, maire, vient voir M. Comtet, instituteur.

M. Michel : « J’ai pensé à quelque chose. Je vais acheter une caméra pour la coopérative scolaire, à condition que vous fassiez des films sur l’école et la commune. Etes-vous d’accord ? ».
M. Comtet n’a pas le temps de répondre.
M. Michel : « Je passe vous prendre demain soir et nous allons chez M. Mégard, à Saint Amour ».
Dès le lendemain, ils allèrent chez M. Mégard.
M. Mégard : « Bonjour, qu’est-ce que vous voulez ? ».
M. Michel : « Une caméra, un projecteur, et un écran ».
M. Mégard : « Que voulez-vous comme caméra ? ».
M. Michel : « Ce qu’il y a de mieux ! ».
M. Mégard : « Muet ou sonore ? ».
M. Michel : « Sonore ! ».

Cela avait coûté une grosse somme d’argent à M. Michel qui l’avait financé avec ses deniers personnels !

Il fallait 6 piles pour la faire fonctionner ! Un film de trois minutes coûtait 60 francs ! Le coût de revient des films était donc important. M. Comtet était ravi de cette merveille technologique. Il s’exécuta avec plaisir à cette besogne. Il fallait acheter entre 400 et 500 francs de films annuellement ! Le financement se faisait essentiellement par la vente de vieux papiers. Un contrat avec une entreprise de Cerdon était de 12 tonnes annuelles. M. Comtet et M. Janodet, instituteur à Beaupont, les emmenaient une à deux fois par an, avec un camion. Il fallait charger le camion à la main. Ils partaient le mercredi matin, dès 6 heures. Après 2 heures de voyage il fallait décharger, puis faire le voyage retour. Une fois, le camion était trop chargé : il pesait 15 tonnes ! Donc trois tonnes n’allaient pas être payées ! Ils ont donc rechargé les 3 tonnes excédentaires, pour les redécharger à Beaupont ! Mais, tant pis, les films étaient financés…

Ce matériel sophistiqué pour l’époque était souvent en panne. Plus tard, la coopérative scolaire acheta un caméscope !
C’est ainsi que M. Comtet mis beaucoup de cœur à l’ouvrage pendant sa longue carrière à Domsure à filmer ses élèves et les différentes manifestations sur la commune. Grâce à lui, trois décennies de l’histoire de notre village est gravée sur un support aujourd’hui numérisé. Nos habitants ont apprécié ces soirées de rediffusion. Sachons sauvegarder ce trésor afin qu’il puisse parvenir aux générations futures, qu’elles puissent rire de voir comment vivaient les Domsurois dans le vieux temps : les années 1980, 1990 ou 2000 !

Nous ne pouvons que remercier M. Michel pour cet investissement et M. Comtet pour ce travail bénévole de très longue haleine !

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Chargement d’un camion de papier recyclé, vers 1991-1992